© katya ev (ekaterina vasilyeva), 2017

    all rights reserved

Etat d'Exception. À Oksana

2018, curated by Fabien Danesi

Galerie Dix9, Paris

 

ENG   //   FR

ETAT D’EXCEPTION. À Oksana*

Le 1er Novembre 2017, l’état d’urgence prit fin en France, après avoir été en vigueur pendant 719 jours, à la suite des attentats du 13 novembre 2015. Une nouvelle loi antiterroriste avait été votée par le Parlement le 3 octobre 2017 pour venir se substituer à ce régime qui s’apparente à un état d’exception. Dans son ouvrage sur ce paradigme politique et juridique, État d’exception. Homo Sacer, II, 1, publié en 2003, le phi- losophe Giorgio Agamben a expliqué que cette extension continuelle des prérogatives du pouvoir exécutif sur les pouvoirs législatif et judiciaire est emblématique des états modernes dans leur logique sécuritaire. L’inscription de quatre mesures directement issues de l’état d’urgence dans le droit commun à travers la loi antiterroriste traduit d’ailleurs explicitement cette perspective qui met à mal les principes démocratiques des sociétés républicaines en s’appuyant sur cette indistinction propre au droit dont le fondement repose de façon paradoxale sur sa propre suspension ou anomie.

Pour sa première exposition à la galerie Dix9, Katya Ev a décidé de faire référence à cette notion, non parce qu’il s’agirait d’un sujet dont son œuvre traiterait, mais parce que cette notion informe sur la situation sociale dans laquelle nous nous trouvons et qui conditionne toute approche culturelle. On pourrait penser que le cadre légal a peu à voir avec le champ esthétique. Mais c’est sans compter sur les dispositifs, performances et autres installations de Katya Ev qui cherchent à travailler les lignes de faille de nos gouvernements contemporains et à questionner à travers un ensemble de frictions les règles de vie de nos communautés. Ainsi, en rejouant plusieurs pièces antérieures sur le mode de la dissémination et de la fragmentation, cette exposition monographique s’applique à elle-même l’une des logiques visibles aujourd’hui dans l’espace public : la mise sous tension.

Fabien Danesi

* Oksana Shachko, artiste et co-fondatrice des Femen, décédée en juillet 2018

commentaires des oeuvres :                             texte sur l'exposition par Aurelia Declercq

Screen Shot 2019-02-10 at 18.26.36.png
Screen Shot 2019-02-10 at 18.23.55.png