© katya ev (ekaterina vasilyeva), 2017

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Piece For Resistance. Other's Dialogue On Revolution, 2014

site-specific performative dispositif

in three acts

unique

courtesy of the artists (Katya Ev & Hanna Zubkova / curated by Dima Fillipov

 

View of the show at Gallery Elektrozavod, artist-run space, Moscow

"Piece for resistance" a été ironiquement nommée ‘deuxième plat’ après la performance AXE DE RÉVOLUTION, conçue en réponse à une proposition d’exposition. Par analogie avec Axe de Révolution, ce titre procède également par décomposition d’un groupe de mots en unités sémantiquement autonomes : pièce de théâtre, espace de résistance.

 

Proposition d’exposition - appel au dialogue. Dans un contexte politiquement reprimé. Au sein d’une communauté artistique hermétique et divisée. Le projet interroge la parole comme acte de résistance.

La galerie Elektrozavod est un espace autonome, dissimulé dans les longs couloirs d’un immense bâtiment industriel. Difficile d’accès, il est l’un des très rares lieux indépendants, bien connu dans le cercle artistique extrêmement restreint. Ekaterina et Hanna ont cherché à activer ce ghetto de liberté, à le pratiquer, en prolongeant le geste de porter la barre par les «speech acts» - actes de
parole -, l’activité quotidienne, échappant au contrôle panoptique, ayant un potentiel de transformation.

ACTE I

 

Le jour de l’ouverture de l’exposition, le public a été invité à écrire librement sur les murs de la galerie. La projection du film de la performance « Axe de Révolution » s’est prolongée par une carte mentale textuelle collective et s’est emparée de l’espace physique de la galerie en le transformant en un lieu de dialogue polyphonique. Ainsi, à partir de la parole singulière de chaque spectateur se crée une énonciation de la communauté.

 

ACTE II

 

Durant les quatorze jours suivants de l’exposition, cette carte mentale disparaissait progressivement. Elle était recouverte, phrase après phrase, au long d’une série de conversations en tête-à-tête que nous engagions avec le public. Chaque jour, de midi à minuit, Ekaterina et Hanna étient présentes dans la galerie. Et chaque conversation durait entre 40 minutes et 3 heures. Après chacune d’entre elles, les mots et les signes étaient recouverts de peinture blanche et la carte mentale disparaissait en se vocalisant. 

 

ACTE III

 

Le jour du finissage l’espace était retourné à son stade initial, ne gardant plus que des fantômes de mots et de gestes qui transparaissaient à travers le blanc. 

Dans cet espace quasiment vide, plongé dans le noir, apparaissait le néon “axe de révolution” installé sur une cimaise orientée sur l’axe Nord - Sud. Il est à la fois objet et lumière, nomination et dématérialisation. L’épilogue revenait ainsi à la dénomination même de la performance originelle.